Les heures supplémentaires

Rédigé le 12/07/2024

Ă€ la demande de l’employeur, un·e salarié·e peut travailler au-delĂ  de la durĂ©e lĂ©gale de 35 heures par semaine (ou au-delĂ  du contingent d’heures annuel, si un accord collectif le prĂ©voit). Les heures supplĂ©mentaires ainsi effectuĂ©es ouvrent droit Ă  une majoration de salaire et Ă  une contrepartie obligatoire en repos ou, sous certaines conditions, uniquement Ă  un repos compensateur de remplacement.


Qu’est-ce qu’une heure supplémentaire ?


Les heures supplĂ©mentaires sont toutes les heures de travail effectif rĂ©alisĂ©es au-delĂ  de la durĂ©e lĂ©gale du travail (35 heures) ou de la durĂ©e considĂ©rĂ©e dans certaines professions comme Ă©quivalente. Ce ne sont que celles effectuĂ©es Ă  la demande de l’employeur ou au moins avec son accord, mĂŞme implicite.

Ne constituent pas des heures supplĂ©mentaires celles effectuĂ©es certaines semaines au-delĂ  des 35 heures par un·e salarié·e Ă  son initiative dans le cadre d’un horaire individualisĂ©.

Par heures de travail effectif, on entend celles pendant lesquelles le/la salarié·e ne peut vaquer à ses obligations personnelles étant à la disposition de l’employeur.

Le refus d’effectuer des heures supplĂ©mentaires peut entraĂ®ner des sanctions disciplinaires pouvant aller jusqu’au licenciement. Cependant, un refus exceptionnel motivĂ© par l’absence d’un dĂ©lai de prĂ©venance suffisant n’est pas fautif.


Comment sont comptabilisées les heures supplémentaires ?


Elles se dĂ©comptent par semaine civile. Sauf stipulations contraires d’un accord d’entreprise ou d’établissement, la semaine civile dĂ©bute le lundi Ă  0 heure et se termine le dimanche Ă  24 heures.

Un accord collectif d’entreprise ou d’établissement peut définir les modalités d’aménagement du temps de travail et organiser la répartition de la durée du travail sur une période supérieure à la semaine et au plus égale à l’année, jusqu’à trois ans selon une convention ou un accord de branche.

Dans ce cas, on compte :

  • les heures effectuĂ©es au-delĂ  de 1 607 heures annuelles ou de la limite annuelle infĂ©rieure fixĂ©e par l’accord(dĂ©duction faite, le cas Ă©chĂ©ant, des heures supplĂ©mentaires effectuĂ©es au-delĂ  de la limite haute hebdomadaire Ă©ventuellement fixĂ©e par l’accord et dĂ©jĂ  comptabilisĂ©es) ;
  • les heures effectuĂ©es au-delĂ  de la moyenne de 35 heures calculĂ©e sur la pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence fixĂ©e par l’accord (dĂ©duction faite, le cas Ă©chĂ©ant, des heures supplĂ©mentaires effectuĂ©es au-delĂ  de la limite haute hebdomadaire Ă©ventuellement fixĂ©e par l’accord et dĂ©jĂ  comptabilisĂ©es) ;
  • les heures effectuĂ©es au-delĂ  de la moyenne de 35 heures calculĂ©e sur la pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence de 4 semaines au plus, intervenant en l’absence d’accord, dĂ©duction faite le cas Ă©chĂ©ant des heures supplĂ©mentaires effectuĂ©es au-delĂ  de la limite haute hebdomadaire de 39 heures dĂ©jĂ  comptabilisĂ©es (entreprise amĂ©nageant le temps de travail sans accord collectif).

Quelles sont les règles applicables au contingent d’heures supplémentaires ?


Au-delà du contingent annuel applicable dans l’entreprise, les heures supplémentaires sont accomplies après avis de la représentation du personnel lorsqu’elle existe (l’autorisation de l’inspection du travail n’est pas requise).

Ne sont toutefois concerné·e·s par le contingent d’heures supplĂ©mentaires : ni les salarié·e·s ayant conclu une convention de forfait en heures sur l’annĂ©e ; ni ceux et celles ayant conclu une convention de forfait annuel en jours ; ni les cadres dirigeants, auxquels sont confiĂ©es des responsabilitĂ©s dont l’importance implique une grande indĂ©pendance dans l’organisation de leur emploi du temps, qui sont habilitĂ©s Ă  prendre des dĂ©cisions de façon largement autonome et qui perçoivent une rĂ©munĂ©ration se situant dans les niveaux les plus Ă©levĂ©s des systèmes de rĂ©munĂ©ration pratiquĂ©s dans leur entreprise ou Ă©tablissement.

Le contingent annuel d’heures supplémentaires est défini par une convention ou un accord collectif d’entreprise ou d’établissement ou de branche.

A dĂ©faut d’accord collectif, l’employeur peut, dans des conditions fixĂ©es par dĂ©cret, mettre en place une rĂ©partition sur plusieurs semaines de la durĂ©e du travail, dans la limite de neuf semaines pour les entreprises employant moins de 50 salarié·e·s et dans la limite de quatre semaines pour les entreprises de 50 salarié·e·s et plus.

Les modalités d’utilisation de ce contingent, et de son éventuel dépassement, donnent lieu au moins une fois par an à une consultation de la représentation du personnel, lorsqu’elle existe.

Trop souvent, les salarié·e·s sont contraint·e·s de faire des heures supplémentaires, simplement pour arriver à boucler leurs fins de mois ! Ce n’est pas normal ! Il faut augmenter les salaires !


Quelles limites à l’accomplissement des heures supplémentaires ?


L’exĂ©cution d’heures supplĂ©mentaires ne peut avoir pour effet de porter la durĂ©e du travail au-delĂ  des limites fixĂ©es par la loi, Ă  savoir :

  • 10 heures par jour (dĂ©rogation conventionnelle possible, dans la limite de 12 heures) ;
  • 8 heures par jour pour les travailleur·euse·s de nuit (dĂ©rogation conventionnelle possible, dans la limite de 12 heures) ;
  • 44 heures hebdomadaires calculĂ©es sur une pĂ©riode quelconque de 12 semaines (ou 46 heures hebdomadaires sur une pĂ©riode de 12 semaines consĂ©cutives dans le cadre d’un dĂ©cret pris après conclusion d’un accord de branche) ;
  • 48 heures au cours d’une mĂŞme semaine (sauf dans ces circonstances exceptionnelles oĂą ce plafond peut ĂŞtre portĂ© Ă  60 heures).

Des durĂ©es maximales spĂ©cifiques sont fixĂ©es pour les jeunes de moins de 18 ans.


Quelles sont les majorations de salaire applicables ?


La majoration de salaire au titre des heures supplĂ©mentaires est fixĂ©e :

  • par voie de convention ou d’accord de branche Ă©tendu ou d’entreprise ou d’établissement, Ă  un taux qui ne peut ĂŞtre infĂ©rieur Ă  10 % ;
  • en l’absence d’accord visĂ© ci-dessus, Ă  un taux de 25 % pour les 8 premières heures supplĂ©mentaires et 50 % au-delĂ .

La loi autorise la mensualisation des heures supplémentaires dans les entreprises dont la durée collective hebdomadaire de travail est supérieure à la durée légale (soit 35 heures).


Le repos compensateur de remplacement, c’est quoi ?


Une convention ou un accord collectif d’entreprise ou d’établissement ou, Ă  dĂ©faut, de branche peut prĂ©voir de remplacer tout ou partie du paiement des heures supplĂ©mentaires par l’attribution d’un repos compensateur Ă©quivalentcouramment qualifiĂ© de « repos compensateur de remplacement » (RCR).

Ainsi, par exemple, le paiement d’une heure supplĂ©mentaire rĂ©munĂ©rĂ©e Ă  150 % peut ĂŞtre remplacĂ© par un repos d’une durĂ©e d’une heure et 30 minutes.

Les heures supplémentaires donnant lieu à un repos compensateur équivalent ne s’imputent pas sur le contingent annuel d’heures supplémentaires.